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Chili - Torres del Paine


de SA, 07-03-2007

Torres del Paine, lŽexploit


Nous lŽavons fait: 5 jours de trek en autonomie totale dans le cadre magnifique du parc national chilien "Torres del Paine". Autonomie totale signifie que nous avons du tout porter: tente, sacs de couchage, tapis de sol, popotte, gaz, nourriture pour 5 jours ... Autant dire que nous sommes fiers de nous et vous nŽavez pas fini dŽen entendre parler !!!
Nous sommes partis a 5 avec Denise, une hollandaise, et Bernd et Stephan, 2 allemands, et en bon francais que nous sommes, nous avions prevu le rouge pour le premier soir ... Resultat des courses: un sac de 25 kg pour Alex et 17 kg pour Sophie.

Le W, nom du trek que nous avons fait, est un trek de 5 jours et 4 nuits; il peut se faire en refuge (avec repas chauds le soir), mais nous avons choisi la solution plus economique et plus warrior du camping. Les terrains de camping sont de plus au milieu des sites naturels, nous rapprochant ainsi de la nature que nous sommes venus admirer.

Premier jour : Glacier Grey. 6 heures de marche avec sac a dos
Nous voila partis tous les 5, tous excites par cette aventure qui commencait. Malgre un vent tres fort et de petites pluies eparses, nous etions tous tres enthousiastes et optimistes. Nous avons pris notre temps, effectuant de nombreux arrets, tantot pour enlever la veste, tantot pour le remettre, tantot pour reparer le sac de Denise, tantot pour rechercher le verre des lunettes cassees par le vent de bernd, tantot pour reparer les memes lunettes, tantot pour sŽextasier sur le paysage et prendre des photos, etc. Tout ceci nous fit arriver les derniers au camping, ce qui veut dire places de merde. Journee riche en apprentissage. Apres avoir monte notre tente pour la premiere fois, nous sommes alles admirer le glacier Grey, dans la lumiere faiblissante de la fin dŽapres midi. Suivi de notre premier diner camping: au menu, pates a la sauce tomate, qui allait devenir notre plat principal tous les soirs.

Deuxieme jour: camping italiano, porte dŽentree de la vallee Frances. 7h de marche avec sac
Le W sŽappelle ainsi en raison de la forme du circuit. Forcement, lorsquŽon se situe en haut de la lettre, on est oblige de revenir par le meme chemin pour commencer une nouvelle branche. Le glacier Grey se trouve en haut a gauche du circuit et pour arriver au camping Italiano, il nosu a fallu revenir sur nos pas. Nous avons ete plus rapides que la veille car nos sacs sŽetaient alleges dŽun diner et dŽune bouteille de rouge. Ce fut la journee la plus difficile en raison du temps: une grosse pluie en fin de matinee nous laissa trempes, surtout Alex qui nŽavait pas voulu mettre sa veste (suivant les bons conseils dŽun guide, un bon trekkeur ne trekke quŽen chemise et tant pis sŽil est trempe, il sechera avec le vent quand la pluie sŽarretera; sauf que quand la pluie ne sŽarrete pas, cŽest moins rigolo). La pluie sŽest au final arrete ce qui nous a permis de secher et dejeuner et nous pensions avoir vecu le pire quand le soleil et le ciel bleu sont reapparus. Nous avons repris la route tous de bonne humeur, a nouveau enthousiastes, quand a une heure du camping, un deluge sŽabattit sur nous. Heureusement, Alex avait remis sa veste. Mais cŽest trempes, abattus, le moral dans les chaussettes toutes mouillees, que nous sommes arrives au camping italiano. La pluie ne nous a pas laisse de repit et il a fallu monter le campement sous lŽeau. On a monte la tente avec encore plus de soins que la veille, en veillant a ce que la deuxieme toile ne touche pas la premiere (b-a-ba du campeur, mais nous lŽavons compris en nous reveillant le matin meme dans une tente un peu humide). Nous avons profite dŽune acalmie pour cuisiner et manger, tout ceci dans un silence frigorifie (nos vetements, chaussures et chaussettes encore trempes). Les seuls mots echanges concernaient des jeux de mot polyglote refletant notre moral: Torres del PEINE, Torres del PAIN (douleur en anglais), Torres del PENNE (sexe masculin en espagnol), le W pour WET (mouille en anglais) et Stephan sŽest meme propose dŽecrire le livre "I stop hiking" (jŽarrete la rando) sur le meme modele du "I stop smoking" (jŽarrete de fumer) dŽAlen Carr. La nuit pour nous sŽest tout de meme bien passee malgre une pluie forte et continue. Pour dŽautres, ce ne fut pas la meme: la tente dŽun espagnol sŽest revele non etanche, et un australien trop sur de son sac a dos nŽavait pas pris soin de tout emballer dans des sachets plastiques et il a du dormir dans un sac de couchage trempe, grelotant ainsi toute la nuit.

Troisieme jour: la vallee Frances. 6 h de marche sans sac, 2 h avec.
La journee de la veille a eu raison de Stephan qui nŽa pas voulu monter a la vallee Frances et a prefere rejoindre directement le camping suivant. Pour notre part, apres avoir remis notre pantalon humide, jetes nos chaussettes de la veille et emballes nos pieds dans des sacs en plastique avant de les remettre dans nos chaussures trempees, nous sommes partis a lŽascencion de cette fameuse vallee. La perspective de marcher sans nos gros sacs, laisses au camping, nous a donne beaucoup de courage. Nous ne lŽavons pas regrette, malgre un temps capricieux, alternant neige et soleil (mais au moins il nŽy avait pas de pluie et nous nŽetions pas mouilles). On a pu admirer la majeure partie de la vallee et apercevoir la face arriere du Torres (celebre pic qui donne son nom au parc). Pour les deux dernieres heures de marche, nous avons repris nos gros sacs et fait la route jusquŽau camping sous un grand ciel bleu et dans un cadre magnifique, nous redonnant a tous du baume au coeur. Arrives au camping, nous avons profite du soleil pour faire secher la tente encore trempee de la nuit precedente et nous avons profite du refuge pour enfin prendre une douche et secher nos sacs de couchage tout humide (merci a "maman", une australienne rencontree a Ushuaia, qui a fait le W en meme temps que nous mais en refuge et qui a pris soin de nous pendant ces 5 jours, lorsque nous la croisions). On a aussi profite du refuge pour sŽen mettre une petite: Denise a paye sa bouteille de rouge et apres 3 jours de marche, un verre suffit. Cela nous aura rechauffe pour le debut de la nuit car la temperature est descendue a moins 5 degres.

Quatrieme jour: arrivee au Torres. 5h de marche avec sac et 2h sans.
Nous nous sommes reveille le matin avec de la glace partout sur la tente, les serviettes de toilettes laissees dehors congelees. Mais dans nos sacs de couchage, nous avions passe une bonne nuit. Ce ne fut pas la meme pour Bernd et Stephan qui ont ete attaques par des souris attirees par les reserves de nourriture. Elles ont reussi a penetrer dans leur tente en la rongeant et on fait de meme avec leurs sachets de provision. Il y en a meme qui ont chie dans leur gamelle. Tout ceci les obligea a se lever a 4h du matin pour les faire fuir de la tente et planquer leurs provisions dans un arbres. Ca nous a bien fait rire mais Stephan a qui la tente appartenait et au caractere quelque peu maniaque etait moins enclin a la franche rigolade. La journee de marche jusquŽau camping Los Torres a ete magnifique, sous un soleil eclatant et des paysages sensationnels. A noter pour Alex, une certaine difficulte dans les cotes; ses jambes et le sac le faisant souffrir. Sophie, elle, caracolait en tete avec Denise et Bernd alors que nos deux vieux se trainaient derriere. Mais est ce vraiment lŽage ou le poid du sac ? Nous ne le saurons jamais et a ce sujet, les avis divergeaient. Apres sŽetre frictionnes avec le ranger du camping qui, une fois notre tente installee, nous a demande de la deplacer alors que son collegue avait approuve notre emplacement (au final, nous ne lŽavons pas bouge), nous sommes partis admirer le coucher de soleil sur le Torres: 400 metres de deniveles pour a peine une heure de marche; ca grimpait fort, Sophie nŽen pouvait plus et engueulait Alex qui essayait de la motiver. Mais le spectacle en valait la peine.

Cinquieme jour: retour a la civilisation. 2h de marche sans sac et 3h30 avec.
Apres une nuit tres froide, nous nous sommes leves a lŽaube pour aller admirer le lever de soleil sur le Torres. Un spectacle eblouissant avec des couleurs fantastiques ... Ensuite nous sommes retournes tranquillement a lŽarret de bus, en profitant une derniere fois des superbes paysages. CŽest fiers de nous, fatigues, sales que nous sommes arrives a Puerto Natales.

Pour notre premier trek, nous sommes tres fiers de lŽavoir termine et ce malgre les conditions difficiles du debut et les quelques kilos en trop dus a un equipement un poil trop lourd (mais loue a un prix defiant toute concurrence).



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